Marina Skalova und Henri Michel Yéré

Marina Skalova / Henri Michel Yéré
Projekt

Dans ce projet, deux langues issues d’une matrice commune entraient dans un dialogue dont la toile de fond était la ville d’Abidjan. Les poèmes saisissaient des pans de vie, des souvenirs d’épreuves et la rage de vivre d’une jeunesse qui ramasse les morceaux du monde à sa portée pour en faire langue. Les poèmes ont chacun été écrits en version bilingue, mais dans un bilinguisme qui se situait à l’intérieur d’une même langue, la langue française. Ce bilinguisme – ivoirien-nouchi – ouvrait le langage à de nouveaux lieux, qui avaient une vie propre dans le langage parlé, mais encore au seuil de la vie littéraire. Le nouchi, argot de la rue abidjanaise, apparu dans les années 1970, a connu ses heures de gloire dans la chanson et la musique ivoiriennes. Le nouchi existe en parallèle avec une langue française pratiquée spécifiquement en Côte d’Ivoire (que j’ai appelée ici l’ivoirien), une langue qui a trouvé son propre terrain d’entente avec la grammaire, et qui a gardé l’oreille ouverte sur la multiplicité linguistique d’un pays qui compte une soixantaine de langues et de dialectes. C’était une célébration de la présence d’une infinité de langues en une seule à laquelle j’ai consacré ce Livre de Palabres.

Texte (PDF)
Marina Skalova / Henri Michel Yéré