Cristina Galbiati et Maria Da Silva

Cristina Galbiati / Maria Da Silva
Projet

Le temps m’obsède. C’est quoi ce temps qui impose un passé, un futur, un âge, des heures, une mesure, un rythme, des cadrans ? J’ai grandi sous le diktat que le temps c’est de l’argent. Qu’il ne faut pas le perdre ou le dépenser. Qu’il faut courir après, qu’il est précieux, qu’il nous est compté. Le temps n’est pas gratuit. Il a une valeur. Même l’art n’y échappe pas. Un spectacle c’est du temps, donc de l’argent. Imaginons. Et si, littéralement, je tue le temps, suis-je, inéluctablement, face à l’ennui ?

Ralentissons. J’imagine une femme. Rosangela. J’imagine son corps vieillissant. Hors norme. Sa vieillesse, c’est sa force. Sa fragilité, sa vitalité. On la croit seule et voilà qu’elle est double. Une autre Rosangela, d’un autre âge, d’un autre temps. Ici et maintenant. Deux Rosangela. Monstres captivants. Un mythe vivant. Ensemble, elles vont m’aider à « tuer le temps ». 

Cristina Galbiati / Maria Da Silva